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« les mots ont disparu quand j'ai cessé d'aimer » a écrit un romancier
libanais... mes maux se sont évanouis, je n'aime plus... j'ai réussi à être ce coeur aride et dur, froid et insensible, celui dont j'ai tant rêvé... il battrai de nouveau si un regard se posait
sur moi, non pas un de ces regards sans lendemain... si une main voulait se poser sur la mienne, s'y agripper, si je pouvais être autre chose qu'un « tu me plais vraiment beaucoup » et
ces quelques mots si lourds, si légers au fond, si frivoles, si pathétiques « je trompe mes copines d'habitude. Je t'aurais bien invité chez moi... » mes yeux plantés dans les siens, si
beaux, si bleux, si innocents... mes yeux sombres pour ternir les siens... il n'a pas compris, mes yeux ne savent pas parler.
Pensait-il que si sa main pouvait effleurer ma taille, si ses doigts pouvaient se mêler aux miens, si la musique trop forte poussait ma bouche trop près de son visage pour glisser chaque mot à son oreille il pouvait faire de moi l'une de ces contingentes qu'on oublie? ... alors mon coeur s'est figé, mon regard cloué dans le sien, fouillant son âme...
comment peut-on penser oublier un être qui a croisé son chemin si vite, étreindre son corps, se mêler au sien, s'enivrer de ses parfums, se bercer de ses soupirs... et oublier?! ... « trop
coincée » « vieux jeu »... non!!! gourmet de l'amour, je ne dévorerai pas, je ne gloutonnerai pas... j'idéalise .. encore... sans doute... je veux l'amour, fusion corps et âme, je
le veux délicieuse compréhension et non tatonnement avide et égoiste, je le veux entente harmonieuse et non « prêt à porté » érotique!
Et pourtant j'aime cette séduction légère, fragile et éphèmére... elle me plait, m'amuse, me distrait... j'aime cette douce attente, ce rôle créé pour chaque nouvelle histoire, ce déguisement que
je lui compose, ce visage que je chamboule, ces rêves que je dessine d'un amour si loin, si loin de lui, de nous, ces rêves où les caresses ne s'interrompent jamais, où les corps ne
s'essoufflent pas, ou les gestes ne sont jamais hésitants, où les sens parlent bien plus que les mots, où les mots sont des images diaphanes... séductrice, actrice, romancière... manipulatrice
éternelle et universelle... qu'importe il ne m'aimera pas... et puis ce coeur impatient qui bat de nouveaux quelques instants au moindre signe de la victime désignée, danseur étoile du balet que
je compose... c'est si simple, si superficiel, si peu dangereux... mais combien de temps peut-on jouer ainsi?
On ne joue pas sans risque... il ne suffit pas de prévenir qu'il ne s'agit que d'un conte, il est de grands enfants qui croit aux muses comme au père noël...
Je n'aime plus, je suis charmée... je comédie, je plais... si lache attitude, si piètres sentiments, si frustrantes aventures sans espoirs, sans avenir et sans passé, aventures éphèméres et instables, amours fantasmées... rêves sans gravité, apesanteur irréelle... je fabule des histoires d'amour...
J'aimerai prendre le risque d'aimer...
souhaiterais-je de nouveau cette souffrance lancinante, étouffée mais si prompte à s'éveiller?
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que ferais-je du statut de reine?
tes mots me font plaisir... je suis contente que nos mots se cotoient de nouveaux...
Mon Moi se sent plus en accord avec lui-même, il lui manque un Moi-futur seulement...
bien à toi
et pour le rôle... ce n'est que pour les humains que je n'aimerai pas... oui je sais c'est idiot comme jeu... mais ça permet d'oublier les humains qu'on aime et qui vous ont oublié... c'est bête n'est-ce pas?
bien à toi... contente de te voir passer par ici malgré la fin déclarée... tu n'y as pas cru .. à ma fin?
pardon...
merci bonne année à toi aussi
Ton message n'est pas maladroit, je ne le crois pas, mais je ne pense pas être si... fragile... (oui je n'aime pas beaucoup ce mot). J'ai réécri c'est vrai, parce que j'aime les mots de mes lecteurs c'est vrai, non pas la reconnaissance, l'identification, l'impression d'êrte "comme" mais seulement des mots qu'on ne dit pas, des mots lointains et "libres", plus graves parfois, plus sérieux, plus emportés peut-être, mais différents des mots du quotidien. Mais c'est vrai je ne peux plus écrire du triste, de l'hésitant, de l'angoissé... je cherche comment écrire du beau, de l'émerveillé, du simplement fasciné, du drôle... ce n'est pas les quelques mots d'un lecteur (dont les mots me troublent effectivement, auquel je ne m'identifie pas d'ailleurs, plus blessés, plus blessantes, plus tranchants que les miens, plus souffrants...) qui feront de moi une martyre de l'interrogation existentielle, si fascinante soit cette quête elle ne me pèse pas réellement, parfois seulement, dans la solitude de quelques rares soirées...
Merci holden... bonne année...
je me demande toujours ce que tu peux bien faire de ton existence pour tenir des propos si sages...
Et, oui, je crois aux fins, elles sont tristes mais elles existent... elles ne sont pas brutales, non, elles sont un lent oubli... ma fin c'était cela, plus de mots nouveaux et l'oubli des anciens peu à peu doucement, enterrés au fin fond d'une mémoire, recouverts d'innombrables souvenirs jusqu'a disparaître totalement...
... rien de plus, rien de moins...
J'occupe ma petite vie... je danse, je joue de la musique, je me lance timidement dans le sport, je participe à quelques virées entre amis, je fréquente les trains et les gares, je prend quelques photos toujours, je prépare mon année d'expartriée...
Je regarde les autres glisser vers le définitif, le posé et le calme, je les regarde oublier nos idéaux... je regarde les petits couples plus ou moins amoureux qui se font et se défont, je regarde les carrières toutes tracées se dessiner....
et parfois je retombe dans ma légère mélancolie...
et toi?
je t'embrasse
que deviens-tu?
comment vas-tu?
Pour moi, ça avance lentement mais sûrement.
Je te souhaite le meilleur!
Je t'embrasse.
je t'embrasse!