Mardi 15 avril 2008 2 15 /04 /Avr /2008 22:23

Se façonner une image, se redessiner un visage, vivre d'apparences... Je pourrais dénoncer le règne du paraître, le culte de la beauté, la dictature de l'esthétique... et pourtant ... je m'en garderais bien...

J'aime jouer de mon image, j'aime être autre ... instabilité de mon âme, extravagance de mon allure...

J'aime sembler...

Etre soi n'est-ce pas être plusieurs? Etre soi n'est-ce pas se sentir fleur bleu, bohème, pirate, tango, valse, brasil, jazz, rock, reggaie, pacifique, révolutionnaire, Nadja et Emma? Peut-on être simplement soi? Est-il si simple d'être soi?

 

Je ne sais pas qui je veux être, qui je suis... je sais simplement que je suis terriblement instable, fondamentalement autre à chaque seconde... alors chaque matin je m'éveille avec l'envie d'être une autre...

Les matins sages ... ceux des jours où tout vous semble ordonné, agencé, coordonné avec soin... je choisie de jolis chemisiers à col rond, ceux des écolières, ceux des demoiselles dont la vie semble plannifiée du berceau à la tombe... j'aime ces matins, mais je m'en lasse et ... leurs succèdent...

Les matins explosifs... une mini-jupe, un T-shirt fluo, des chaussettes multicolores, le visage fardé de couleurs vives... ces matins d'une gaieté orageuse qui ne demande qu'à arracher quelques sourires surpris, à déranger, à agacer de cette joie indécente... mais voilà ... parfois... il est...

Des matins gris... ces matins où l'on enfile sans conviction un jeans, un T-shirt trop large, des doc-martins ... où l'on se sent clandestin d'un jour qu'on voit se dérouler sans nous, où l'on ne laisse pas de traces, où l'on se fond dans la foule, où l'on se coule dans le moule, jusqu'à la révolte...

Des matins révolutionnaires... les prémisses d'une journée rouge et noire, « hasta siempre », les matins de l'insoumission, de la volonté, de l'intransigeance... un trait de khol, de l'ombres à paupière noire, les cheveux établis en un désordre sophistiqué...

 

J'aime me composer un visage, m'élaborer une allure... en changer... refuser la nature... toujours... faire de tout mon être un message silencieux, une image lourde de sens...

 

Sauf... les matins tendresse... ceux où la nature suffit... pas de chemisier, pas de couleur, pas de fard... un corps nu, un visage laissé aux hasards de la nuit, des cheveux abandonnés... des matins où l'on ne se cherche pas, des matins où l'on n'a plus de message, des matins où l'on ne se bat plus, où l'on lache prise...

 

Par Aoua
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Mardi 15 avril 2008 2 15 /04 /Avr /2008 08:31

cher lecteur je vous ai promis de la fantaisie, de l'extravagance, bref un grand n'importe quoi ... je vous emmène donc loin d'ici, dans une autre époque, dans un autre temps... j'aurais besoin de toute la puissance de votre imagination, je compte sur vous...

 

 

Quelques notes de bandonéon douces, étouffées... l'atmosphère moite et tiède d'une chaude nuit d'été ... mes yeux se plantent dans les votres avec insistance, détermination... je vous ai choisi et je feins d'être certaine de mes charmes, je mime avec audace l'assurance provoquante d'une femme ne doutant point de vous séduire... vous plairais-je? Qu'importe vous me plaisez... oserez-vous refuser mon invitation, mon exigence?... soit si vous refusez alors lecteur je vous prie de vous réveillez immédiatement ... je vous congédie avec grâce, comme une diva capricieuse, de ma douce réverie...

Si vous acceptez charmant cavalier, si mon regard a déployé de convainquants arguments alors restez, rêvez avec moi encore, ne lachez pas mon regard, n'oubliez pas le bandonéon... je sens la chaleur de vos yeux répondant à l'effronterie des miens... j'esquisse un sourire, satisfaite d'avoir sû vous convaincre, un sourire malicieux, celui des femmes assurées de leur succès... vous vous approchez, vous frayant un passage entre les couples enlacés, vous semblez danser avec eux, vos pas répondent aux leurs... vous parvenez à vous approchez de moi... mes paupières se ferment doucement comme empreintes d'une soudaine timidité puis s'ouvrent brusquement comme un défi... défi que vous relevez bien sûr me toisant du haut de cette inégalité que la nature nous inflige, mais qui vous rend si séduisant....

Votre main appelle la mienne... je vous l'abandonne... croyez-vous que je sois vôtre pour autant? ... le cavalier guide mais la cavalière dispose... ne vous méprenez pas... Votre main frôle ma hanche, saisie ma taille... nos corps s'apprivoisent rapidement... le tempo est rapide, les notes dures s'insurgent... nos regards se croisent, se perdent... nos muscles un à un se tendent, nos pieds rapidement se fuient quand nos jambes se frôlent. Soudain je sens que vos yeux cherchent à s'agripper aux miens... je vous jette un regard furtif pour mieux vous le dérober aussitôt... comme en réponse à ma désobligeance votre étreinte se resserre, vous m'imposer d'une violence délicate des pas plus rapides, nos pieds légers, effleurent le sol, nous ne dansons plus, nous nous défions... votre regard de nouveau... mes yeux enchaînés aux votres quelqu'uns instants... vous souriez à votre tour, à vous de jouir du plaisir de se savoir séduisant... nous suspendons nos pas, je vous laisse profiter de votre triomphe... et de nouveau vous arrache à votre satisfaction, je vous fuis, vous entraîne et vous repousse... nous ne dansons plus, nous nous aimons... passionnément

Le tempo ralenti, les notes se font sourdes, langoureuses, comme saisie d'une soudaine torpeur. Nos corps se détendent hapés par cette langueur, deux corps fatigués de s'être serrés trop fort l'un contre l'autre, de s'être fuits trop longtemps... Paresseusement je m'abandonne à vos bras, suis vos pas sans résistance, j'appuie ma joue contre la votre, chaste baiser, mes cils carressent votre peau, je peux gouter votre parfum... Nous ne dansons plus, nous nous aimons ... tendrement...

Les notes deviennent murmure, la musique se dissout doucement... ma main se libère de la votre et glisse quelques instants le long de votre poignet, votre bras quitte ma taille, nos corps se descellent, nous nous rendons la liberté, votre être quitte le mien, le laisse nu, seul, laid... Amants éphèméres nous échangeons un dernier sourire, l'aveu d'un amour partagé...

 

Par Aoua
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Dimanche 13 avril 2008 7 13 /04 /Avr /2008 22:57

Une jolie goute de rosée s'échappe brusquement sous une paupière qui se ferme, roule doucement le long du nez, s'y accroche, chancelle et tombe lourdement... vie et mort éphèmére d'une parcelle de tristesse... pleurer doucement, sans bruit, sans murmure, sentir sa tristesse s'échapper larme après larme.

Qu'il est doux de pleurer ainsi... calmement... de refuser d'accepter, de pleurer comme un enfant pour des maux si légers... pleurer pour un amour déçu, pleurer sur nos rêves perdus, pleurer pour dire à la vie qu'on l'attend... bien loin des sanglots suffoquants de l'angoisse, de la terreur, de la peur, de la détresse j'aime ces douces tristesses...

Regarder avec tendresse ce visage fâné des jours de spleen, ce visage dont les yeux, emplis de larmes paresseuses, qui s'échouent doucement les unes après les autres, s'assombrissent. Un visage au regard plus profond, ce regard qu'on regarde avec insistance comme s'il nous était étranger. Un visage dont le nez forme comme un joli tremplin duquel s'envolent les larmes comme à regret, s'agrippant à ce plongeoir éphémère... Un visage dont les lèvres tremblantes semblent vouloir parler un langage plus subtil, un langage sans mot, un langage sans parole, un langage des signes à peine esquisé... Un visage aux couleurs délavées par les pleurs sur lequel les larmes tracent leurs jolis sillages rougissant par endroit la peau trop délicate... j'aime pleurer pour peu de choses...

Quelles me sont douces ces légères tristesses sans motif... qu'il est bon parfois de se sentir seul au monde, incompris, de se sentir Bovary ou Antingone, de se sentir autre, seul avec son âme... qu'il est charmant l'égocentrisme poétique de celui qui délicatement effleure les ébréchures de son coeur, frôle les félures de ses rêves...

Heureux celui qui n'a d'autres blessures que celles-ci... et savoure chaque perle salée qui glisse lentement...

 

A mon love-dealer...

Par Aoua
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Dimanche 13 avril 2008 7 13 /04 /Avr /2008 11:57

Pourquoi nous raconte-t-elle cela? j'entend déjà grogner quelques rochons peu enclins à lire mes élucubrations... mais il y a bien des raisons qui m'ont poussée à écrire tout cela... d'abord, c'est terriblement plaisant de revivre geste après geste pour les décrire la volupté des matins à deux... ensuite parce que je cherche désespérémment un remède contre la mauvaise humeur matinale dont je ne pense pas être la seule victime... c'est bien dérisoire me direz-vous... et bien, non, ça ne l'est pas, parce qu'un être de mauvaise humeur, sort de chez lui, transmet sa mauvaise humeur... et tous ces êtres contaminés par la mauvaise humeur n'ont qu'une envie qu'il soit 18h00 pour qu'ils puissent rentrer chez eux pour qu'on ne leur demande plus rien, qu'ils puissent tranquillement se coller devant la télé en mangeant ce qu'ils trouveront dans le congélateur... bien triste image de la vie et pourtant... qui n'a jamais vécu de telle journée? de celles où l'on ne vit que pour fuir la vie, pour retrouver la paresse de son canapé, cesser de réfléchir et d'agir... Or voilà, je ne supporte pas la mollesse et l'inaction (sauf bien sûr celle des matins en amoureux qui est des plus constructives, il y a des paresses négatives, celles des journées de mauvaise humeur, de ras-le-bol, de métro-boulot-télé et des paresses voluptueuses).
Alors voilà, les réveils désagréables ont un effet dévastateur même s'ils semblent anodins... j'ai lu des livres passionnants sur la possibilité de vivre mieux au quotidient... une sorte de philosophie des menus plaisirs de la vie mais je ne suis pas vraiment convaincue que les bonnes résolutions telles que régler son réveil dix minutes plus tôt pour avoir le temps de déjeuner calmement, ranger son appartement pour pas trébucher dès le lever, mettre des plantes partout pour égayer la pièce soit tellement convainquantes...surtout parce qu'il s'agit de très charmantes résolutions que je me sens incapable de tenir plus d'une semaine.... J'ai pensé à une opération plus hypocrite certainement mais plus amusante... que j'ai nommé avec une grande originalité : opération sourires! on peut aussi appeler ça "des sourires et des hommes" (c'est beaucoup plus intellectuel tout de suite) ... bon j'en viens aux faits... il s'agit même s'il on est d'humeur massacrante, qu'on a pulverisé son réveil, qu'on a loupé le métro, qu'on a dix minutes de retard, qu'on a encore oublier la moitié de ses cours ou des ses dossiers, de sourire aux gens qu'on croise et plus difficile encore à ceux qui vous font face dans le métro ou le bus. (J'ai déjà tenté de proposer cette méthode mais sur un blog que j'ai lachement colonisé et dont je me suis faite expulsée). C'est un exercice des plus difficiles d'abord parce qu'il s'agit de jouer la comédie, ensuite et surtout, parce que personne ne comprend comment vous pouvez sourire... jalousie, incompréhension, mépris pour l'inconscient qui ne semble pas porter toute la misère du monde sur son dos... je ne sais pas... mais quand quelqu'un enfin accepte le sourire que vous lui proposez, ça donne un sentiment de réussite impressionnant et vous souriez enfin vraiment... alors voilà ma solution provoquer la bonne humeur coûte que coûte, proposer à tout le monde son envie de rêver, de penser, d'aimer... mais si un de mes peut-être-futurs-lecteurs-on-sait-jamais avait une solution plus évidente, un peu moins "Amélie Poulain" ou souhaitait se joindre à moi dans cette périlleuse entreprise et bien je serais ravie de l'apprendre...



Voici un petit exemple de sourire ridicule mais terriblement communicatif...

Par Aoua
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Samedi 12 avril 2008 6 12 /04 /Avr /2008 23:27

 

Le soleil carresse mes paupières, les draps pèsent de toute leur légereté sur mon corps, un bras tendrement abandonné sur ma taille me cloue dans cette douce chaleur. J'ouvre un oeil avec paresse, mon corps s'éveille doucement, prend conscience de la douce volupté de tout ce qui l'entoure : le soleil, les draps, le bras, ce corps contre le mien, sa moiteur, sa torpeur, sa chaleur... mais rien de bouge, pourquoi flétrir cet instant. Et puis un désir soudain! Un baiser tout de suite, maintenant! Les jambes se déploient, les mains se défroissent, les yeux se désenbuent... les lèvres s'animent d'un sourire malicieux, les cheveux, eux, se moquent d'être en pagaille... tout mon être encore engourdi se tourne doucement, je sens son souffle chaud sur mon nez, ma joue. Mes yeux se délectent de ce charmant spectacle... un homme qui dort, fragile, doux, abandonné dans son sommeil, confiant... et pourtant... une main s'approche de son visage, la mienne et tout doucement comme une libellule un doigt se pose sur ses cheveux, un second s'approche en frolant délicatement son oreille, puis trois autres enfin les rejoignent... une main agile se promène sur le corps du bel endormi, glisse des cheveux vers la nuque, s'offre une lente descente le long de l'épaule puis bien décidée s'attarde en de délicats détours sur le torse nu. Une paupière s'agite, une ébauche de sourire et ... avec un brin de malice, ne lui laissant pas le temps d'éclore au jour nouveau, mes lèvres s'approchent des siennes et murmurent un bonjour... mais c'est bien plus qu'un bonjour qu'elle viennent transmettre, elles déposent un baiser comme une invitation. L'homme flétri par la nuit, doucement refleuri... son visage parvient à former un sourire et ses lèvres répondent aux miennes, un bonjour puis un baiser. Un long baiser silencieux, doux, paresseux... un baiser mal éveillé, un baiser prometteur, un baiser qui en annonce de tellement plus passionnés, de tellement plus forts. Sa main caresse mon visage comme pour se le remémorer, comme si la nuit l'avait effacé de sa mémoire et que ses yeux trop paresseux laissaient parler ses mains... nos corps s'approchent, ma main, honteuse jusque là d'avoir profité de son sommeil, se permet de s'approcher de nouveau, nos jambes s'emmêlent, nos corps se cherchent comme deux amis qui se sont perdus de vue, se trouvent, se serrent fort l'un contre l'autre, nos mains se croisent et chacune se pose sur la nuque de l'autre, nos lèvres se boutonnent, se goûtent, se mordent... nous savourons ensemble les plaisirs d'un réveil à deux...

 

mais le plus souvent voilà ce qui arrive ...

 

Une sonnerie me perce les tympans... un brusque demi-tour : 6h15... mon bras s'abat violemment sur le réveil... demi-tour, la tête enfouie sous les couvertures... de nouveau une sonnerie... 6h24 ... mon bras sur le réveil... ma main de mauvaise humeur à la recherche de la lampe de chevet... la lumière crue m'éblouit... une main à la recherche d'une paire de lunette... maladresse quotidienne, les lunettes tombent... recherches agaçantes au pied de la table de chevet, d'une main, sans bouger du lit... lunettes trouvées et posées sur le nez... un pied hors du lit, un autre et debout.... mon orteil s'écrase violemment contre un classeur qui traine, mes pieds glissent sur un livre et atteignent finalement la salle de bain. Un visage blafard, des cheveux hissutes... l'eau froide... le séche-cheveux qui brûle ... des vêtements, ceux qui trainent... déjeuner, plus le temps... départ ... un sac avec des cours, pas les bons sûrement mais des cours qu'importe... le métro et dedans des gens qui ont l'air d'avoir vécu ce réveil...

 

 
Par aoua
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Samedi 12 avril 2008 6 12 /04 /Avr /2008 23:01

Voilà, je dois m'excuser auprès de tous les blogs que j'ai inflitré jusqu'alors... je pend mon indépendance. Je ne sais si cette entreprise doit être soutenue, je ne sais si la raison me guide ou seulement un terrible besoin de m'exprimer. Cependant pour ma défense, exister consiste pour certains philosophes à être perçu, et donc à s'exprimer, cette position sert mes intérêts et justifie cette petite aventure, je vous prierais donc de bien vouloir l'accepter sans plus d'explications parce que ça risque de devenir très rapidement légèrement soporiphique. Je me permet donc de me laisser aller à épancher mon désir d'expression, à débiter avec un parfait aplomb des mots que je regretterai certainement cinq minutes plus tard, mais j'ai la conviction que communiquer c'est réfléchir ensemble, que partager c'est s'enrichir... alors bienvenu dans mon petit monde... celui des mots sans prétention, des idées banales qui aiment prendre leur envol, des rêves extravagants, des élans révolutionnaires et poétiques, un monde de rêves, d'intransigeance et d'inconscience sans doute...

Par aoua
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Présentation

  • : 12/04/2008
  • : confessions d'une jeune fille mal rangée
  • : Loisirs
  • : bienvenu sur ma petite planète, laisse toi aller à l'extravangance et à l'excentricité, n'oublie jamais de rêver et d'imaginer...
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